Il y a quelques années (une dizaine) maintenant, je rencontrais mes premières lolitas. Elles avaient tant de candeur! Sur leurs visages, dans leurs vêtements!
Quelques années avant de les découvrir, je dessinais des lolitas, enfin plus ou moins. En tout cas, c'était bien proche. Se rendre compte qu'elles existaient vraiment, ces filles pleines de courage et de liberté, quel bonheur! Et surtout je me suis senti comme elles, ou plutôt appartenir à ce qu'elles représentaient. J'ai par la suite embrassé leur cause (le mot est peut être un peu fort), leurs idéaux et leur esthétique.
Dix ans donc. Et dix ans de bonheur, d'engagement, de temps et d'argent consacrés (défilés, concerts, tea parties). Et là, je me rends compte que sur internet que certaines ont oublié les fondements du Lolita. Avec un grand L, comme dans Liberté. Parce que c'est ça la pierre angulaire du Lolita: la Liberté!
J'ai lu plusieurs fois que des personnes attaquaient d'autres sur leur apparence: du "on ne met pas de baskets avec du Angelic Pretty" par ci, du "faut être maigre et surtout super blanche pour porter du lolita" par là. Ces personnes ont inventé des règles fort laides. Les lolitas que je connais ne cherchent pas à ressembler à des publicités de magazine (les japonaises notamment!) et se rappellent toutes que le Lolita est d'abord un acte de liberté, un affranchissement par rapport aux pressions sociales, machistes, médiatiques (ce qui implique aussi les standards de la mode). Il me semblait que les lolitas étaient lolitas parce qu'elles avaient besoin d'un endroit où elles pouvaient se réfugier. On sait qu'on est critiqué parce que l'on porte du lolita mais être critiqué par d'autres lolitas... c'est invraisemblable.
Quand Maki de Angelic Pretty est en full Pretty, c'est parce qu'elle se doit de représenter sa marque. De même pour Amochan ou Midori ou Misako. D'ailleurs saviez vous que la marque préférée de cette dernière était Milk? Non non, pas Baby the stars shine bright. Je ne vous dit pas que ces marques (bon sang, j'ai deux de mes héroïnes qui les portent) ne doivent être portées, je vous dis juste que ce n'est pas parce qu'on n'est pas habillée de pieds en cap comme les mannequins qu'on n'est pas lolita. L'habit ne fait pas la lolita!
Je saute le fait que les marques coutent un pont.
Hey! Vous savez quoi? Je me suis considéré comme lolita pendant ces dix ans et je n'ai jamais porté un seul vêtement de marque (je mens: deux bagues Baby, des chaussettes Meta, un gilet Putomayo). Je devrais être traité d'Ita, d'affreux, de faux!!!! Non?
Vous ne pensez pas qu'il y a suffisamment de règles puantes comme ça dans nos vies? Qu'il y a suffisamment de gens pour nous pourrir la vie pour n'importe quoi? Au travail, dans la rue, à l'école, et même parfois chez soi (la chose la plus aberrante d'ailleurs...)! C'est fatiguant!
Il est inutile d'inventer plus de brides. Celles que nous avons nous suffisent.
Et pour apporter un peu plus de lumières sur ces fameuses règles du Lolita soi disant écrites par les lolitas japonaises... et bien, elles n'existent pas! Par contre les intégristes si! Et ils se délectent à nous rabaisser, à nous faire croire que nous sommes en tort. Pour mieux nous écraser, nous contrôler!
Moi je mettrai des chaussures de sport avec du sweet, des talons avec du classic, des docs avec n'importe quoi, des tongs avec du country! On s'en fout non? Tant qu'on est bien dans sa peau! Si vous aimez souffrir alors le problème est ailleurs et il est inutile d'entrainer les autres dans votre marasme.
Si vous avez eu déjà affaire à ces pseudo-puristes qui prétendent détenir la vérité, ignorez les! D'ailleurs moi, je ne suis plus lolita, je suis libre.