
Quand les Kokusyoku Sumire se sont formées en 2004, j'avais déjà quitté le Japon depuis un an. Et il m'a fallu presque un an et demi avant de découvrir leur musique. Et deux ans pour les rencontrer. Leur musique a eu un effet révélateur sur moi, elle a rouvert la porte de mon univers. Que j'avais fermée pour essayer de mieux vendre mon trait.
C'est à peu près à ce moment-là que je monte le projet intitulé Yumeko. Un livre illustré parlant de la mode et de la culture lolita à travers un poème sur le thème du passage à l'âge adulte. Ce poème est écrit par mon cher ami Jean Vincent Jacq, professeur de philo et écrivain. Mais le projet est trop complexe, mes illustrations encore trop juvéniles. Mais il y a aussi l'ignorance totale des éditeurs et le projet ne voit pas le jour. Mais je ne baisse pas les bras et propose mon livre à de plus en plus d'éditeurs. En vain. (Chose amusante au passage: les éditeurs utilisent TOUS la même lettre type de refus, haha). Un éditeur me traite même de pédophile, croyant que les lolitas dont je parlais étaient obligatoirement de références à celle de Nabokov. Il n'avait pas lu au delà du titre celui-là (au moins il avait lu le titre me diriez-vous).
Deux années, longues, longues. Surtout que je continue de faire des choses inintéressantes à côté.
En 2007, j'arrive à monter avec l'aide de mon ami Romain la tournée des Kokusyoku Sumire. Première véritable action pour le mouvement Lolita. Puis je rencontre Audrey Alwett qui m'est présentée par Christophe Arleston. Ensemble nous publions dans le Lanfeust Mag une histoire courte de 5 pages appelée
Mary Miracle. Audrey et moi devenons vite amis. Et puisque nous sommes amis, nous discutons beaucoup, on parle de projets divers et variés. Trop refroidi par
Yumeko, nous nous orientons vers la bande dessinée: là encore, nous travaillons sur
De l'encre et des plumes qui ne verra jamais le jour. En parallèle, je travaille aussi avec Sylvain Runberg sur différents projets. Mais rien ne sort.
Le moral est bas. Aucune publication depuis
Mary Miracle. J'explose, craque et décide de m'auto-éditer. Arrive le
Petit Chaperon Rouge. Ce dernier est un succès: 800 exemplaires vendus sans distribution aucune (deux librairies seulement). Nous sommes en mars 2009.
Par hasard, le patron de Soleil, Mourad, passe dans le bureau d'Audrey et jète un coup d'œil au
Petit chaperon rouge. Il aime et demande à Audrey si j'ai des projets. Là, Audrey lui parle de mon projet de conte illustré pour présenter la culture Lolita. Mourad est intéressé, Audrey et moi travaillons un pitch plus simple que dans la précédente version. Et finalement nous en venons à faire un fil conducteur proche du conte: simple.
Et ce sont 6 mois de course effrénée pour finir à temps les 96 pages du livre.
Gothic Lolita n'est pas un dictionnaire ni un manuel scolaire. Il a pour vocation de faire découvrir en douceur la mode et la culture lolita. Nous avons fait de notre mieux pour qu'il soit agréable pour les lolitas et pour les lecteurs qui ne savent rien du mouvement. C'est un conte tout simplement. Et son premier but est de distraire et si possible faire rêver.
Pour moi c'est bien plus, c'est enfin un commencement et une brique à l'édifice Lolita français. Et japonais qui sait?
En tout cas, chose est sûre, les médias ont la puce à l'oreille. Ce n'est pas la banalisation du Lolita qui m'intéresse mais c'est le fait que les lolitas puissent s'habiller et se comporter comme elles l'entendent sans se faire agresser. Les gens ont peur de l'inconnu et leur réaction à l'incompréhension est la violence. J'aimerais que l'on puisse parler de nous, lolitas, afin que la société comprenne qui nous sommes. Et nous vivrons peut être plus facilement.
J'en reviens à
Gothic Lolita.
Le titre n'est pas très original mais il cerne plus facilement un thème pour ceux qui ne connaissent pas.
Le livre fait 96 pages, coute 19,90€. Il sera disponible dans toutes les librairies à partir du mercredi 28 octobre.
Il sera accompagné d'un marchandising disponible uniquement sur ce blog: deux posters, trois cartes postales, deux badges, un autocollant, un miroir.
C'est une histoire complète. C'est une édition unique, bilingue: japonais et français.
Il comprend huit illustrations originales d'artistes issus du milieu Lolita japonais.
Il verra naître un petit frère l'année prochaine. Même un peu plus.
(désolé de ne pas répondre aux commentaires... je suis débordé... mais je suis vraiment heureux de vous lire!!!!!!!!!!! Continuez de commenter!!!!!! Merci à tous, mille fois!!!)
(en illustration: l'emblème de l'école pour lolitas, et finalement mon emblème à moi)
(hors sujet: je recevrai quelques exemplaires du premier album du groupe de Sachi,
Aoi tsuki to akai bara mais pas avant mi-novembre. La couverture de l'album est dessinée par Kuroki Kozué et le logo du groupe par Hamada Natsuko. Ces deux dernières figurent dans
Gothic Lolita. Quand je vous dis que nous sommes une famille!)